Considération éthique respectueuse des animaux.
Libre opinion sur la détention et l'élevage des oiseaux d'agrément.
Par Jacques Pache
Volières intérieures qui comportent en annexe deux compartiments extérieurs construits
en treillis et fixés contre l'embrasure des fenêtres.
Avant de vous parler du sujet susmentionné, permettez-moi de me présenter brièvement. J'habite le canton du Valais en Suisse francophone. Passionné d’ornithologie depuis l’enfance, mon premier centre d’intérêt a été l’observation des oiseaux dans la nature et particulièrement les rapaces. J’ai notamment suivi pendant de nombreuses années l’aigle royal dans les Alpes en Valais, lieu de mon domicile. J’ai observé sa manière de vivre, ses mœurs, et sa reproduction en y tenant des statistiques de naissances.
Pour les amoureux des oiseaux en général et ceux que ça intéresse, vous pouvez découvrir ce magnifique rapace sur un petit site que j’ai élaboré dans un but didactique en fonction de mes observations. Vous y découvrirez également quelques photos de ce roi des airs : http://aigle.royal.over-blog.com
Depuis une dizaine d’années, j’ai espacé un peu mes visites dans le terrain.
Comme tous les oiseaux, grands ou petits, ont la faculté de me procurer admiration et émerveillement, je me suis mis à élever des petits exotiques à becs droits. Bien que je préfère admirer les oiseaux dans cette grande volière qu’est la nature, j’ai pu me rendre compte que les oiseaux d’agrément peuvent aussi être heureux.
Pour cela il faut se donner la peine et leur créer un espace environnemental spacieux et le plus naturel possible. Si la volière n’est pas située à l’extérieur et que l’on ne peut y planter des arbres ou arbustes, on peut la garnir de divers branchages entrecroisés.
Les branches de lierre avec leurs formes tordues et diversifiées conviennent très bien à cet effet.
On peut y ajouter aussi des troncs creux, de petits rochers divers ou d’autres bibelots naturels que l’on peut trouver en forêt.
Dans un tel environnement, si vous observez attentivement vos oiseaux, vous pourrez vous rendre compte que leur comportement sera gai et enjoué. Il faut qu’ils disposent de nombreuses possibilités de se percher, de se suspendre et de s’ébattre.
Ils seront actifs et plein de vivacité, se poursuivant dans des jeux ou ballets aériens.
Ceci même si quelques fois vous pourrez déceler une certaine agressivité entre les oiseaux de même espèce ou d’espèces différentes.
Lors de votre aménagement, il faut toutefois veiller à sauvegarder un espace relativement important parmi les branchages.
Cette aire de vol et de jeu doit être un élément essentiel.
C’est un aspect positif multifactoriel pour leur vie en captivité.
Pour compléter ce bien-être, une alimentation saine et diversifiée, contribuera à leur caractère enjoué et à leur joie de vivre.
Dans ces conditions, si vous leur mettez à disposition des nichoirs adaptés à leurs différents besoins, vous aurez la joie de les voir se reproduire.
Les oiseaux se reproduisent aussi bien, si ce n’est mieux, en communauté et avec de l’espace à leur disposition, que isolés et confinés dans de minuscules cages.
Vue de l’extérieur : on retrouve les deux annexes fixées au niveau de deux fenêtres
Eh oui, il existe malheureusement une façon moins idyllique d’élever ou de garder des oiseaux.
Chacun connait la méthode qui consiste à les mettre dans de très petites cages parfois appelées batteries d’élevages.
Si l’on prétend aimer les oiseaux, il me semble paradoxal de vouloir les confiner dans de si petits espaces, souvent dans le seul but de les faire se reproduire.
Mais pourtant ils se reproduisent, me direz-vous !
Essayez de faire vivre un couple de nos semblables dans un espace très exigu pendant un certain laps de temps.
Vous vous rendrez compte de ce qu’ils feront pour tromper l’ennui. Mais malgré cela il y a fort à parier qu’ils seront loin d’être heureux.
Dans ces petites cages les oiseaux ne font que sauter, et non pas voler, souvent sur les deux seuls perchoirs que l’on met à leur disposition.
Il m’est arrivé d’acquérir des oiseaux nés et élevés de cette manière.
A plusieurs reprises j’ai pu constater qu’il leur fallait un longue période d’adaptation pour voler correctement et retrouver une mobilité naturelle dans une volière.
Cela s’explique aisément si l’on se réfère à l’espace plus que restreint dans lequel ils ont vécu.
Leur musculature en général, et surtout alaire, est atrophiée et pratiquement nulle.
Lorsqu’on leur offre des conditions de vies acceptables, ils ont besoins d’exercices répétés, qui se révèlent être une véritable rééducation pour pouvoir s’épanouir dans la totalité de leurs moyens.
Le but de cette libre opinion est de sensibiliser un maximum d’amateurs d’oiseaux au bien-être de leurs protégés. J’espère que cet article puisse y contribuer quelque peu.
Malheureusement il est triste de constater que l’aspect mercantile de certains éleveurs prédomine.
Et cela au détriment de pouvoir offrir aux oiseaux la qualité de vie qu’ils méritent.
Ce qui ne serait que justice en regard du plaisir qu’ils nous procurent en les observant.
Il est à souhaiter que des instances compétentes se penchent sur une législation réfléchie et bien étudiée à appliquer dans ce sens.
Ces volières ont été aménagées dans une très ancienne bâtisse désaffectée que j'utilise à cet effet.
Il est bien entendu que ces considérations sur la détention et l’élevage des oiseaux visent à souligner le caractère purement éthique du sujet.
Pour l’aspect essentiellement technique concernant la reproduction, je ne dispose pas assez d’expérience et je laisserais à des éleveurs plus expérimentés que moi le soin de vous procurer des conseils.
Toujours est-il que si l’on est passionné d’ornithologie et que l’on aime les oiseaux, on se doit de les respecter. Cela implique une réflexion sur la façon de les détenir.
Si ces charmants volatiles vous enchantent par leurs couleurs, leurs chants et leurs évolutions, il est normal que ces compagnons puissent aussi bénéficier d’un certain plaisir qui leur est propre.